Ségolène Royal tend « la main » à François Bayrou

AP | 23.04.2007 | 21:30

Ségolène Royal place François Bayrou face à ses « responsabilités »: au lendemain du premier tour de la présidentielle, la candidate socialiste s’est dite « disponible » lundi soir pour un dialogue « ouvert » et « public » avec lui, autour des « valeurs » et des « idées » de son pacte présidentiel pour « chercher des convergences ».

« A l’élection présidentielle, chacun doit prendre ses responsabilités pour savoir quelle France nous allons construire. Aujourd’hui, je prends les miennes et je me déclare disponible pour parler de l’avenir de la France avec ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique », a déclaré la candidate de la gauche à Valence (Drôme). « C’est pourquoi je souhaite un débat ouvert sur les idées pour construire des convergences autour d’une volonté de rénovation, sans arrière-pensée et sans a priori ».

« Il est de ma responsabilité de faire cette ouverture », a souligné Ségolène Royal, revendiquant son « ouverture d’esprit » et sa « modernité dans la façon de faire de la politique ». Aucun contact n’a « encore » été établi avec les dirigeants centristes, mais elle a tenté de joindre le président de l’UDF: « J’ai laissé un message sur le téléphone de François Bayrou, juste pour le prévenir que j’allais lui parler aujourd’hui par simple politesse », a-t-elle glissé, tout sourire. « J’attends une réponse ».

« A lui de dire si oui ou non il souhaite ce débat sur la base des valeurs qui ont été développées avant le premier tour », a-t-elle poursuivi, plaçant François Bayrou au pied du mur. « Je ne lui fais ni ultimatum ni pression, mais je crois qu’il est de ma responsabilité de femme de gauche, placée en situation d’incarner le changement, de donner un signe à tous les électeurs qui ont voulu aussi ce changement en dénonçant un système » selon elle « dépassé » et des « clivages anciens ».

Selon son codirecteur de campagne Jean-Louis Bianco sur France-2, ce dialogue pourrait prendre la forme d’un « débat télévisé », « sur Internet » ou d’une « rencontre dans un lieu public ». Dans l’entourage de la candidate, on expliquait toutefois ne pas s’attendre à une réponse positive. François Bayrou « va dire non, il va rester dans le ni droite ni gauche », assurait-on.

Alors qu’on lui demandait s’il s’agissait d’une proposition d’alliance, Ségolène Royal a répondu: « ah non, pour l’instant non. Il s’agit d’une ouverture, d’un débat public sur la base du pacte présidentiel ». « Pour l’instant, je pense qu’il est important de voir s’il y a des convergences possibles » et « donc d’ouvrir la porte et les fenêtres et de ne pas les fermer a priori ». Alors qu’on lui demandait quelle serait son attitude si le PS et l’UDF constataient des « convergences », la prétendante à l’Elysée a répondu: « nous en tirerons toutes les conséquences ».

Ce débat porterait « sur la rénovation de la vie politique dans une République nouvelle », sur « l’Etat impartial », « le refus des tensions dans les villes et dans nos quartiers », sur un nouveau référendum européen et sur « les priorités éducatives et écologiques », a-t-elle précisé.

Lundi matin, François Hollande avait pourtant estimé que le PS n’avait pas « besoin de rentrer dans une logique de négociations, de pourparlers » avec l’UDF. Avant le premier tour, Ségolène Royal avait rejeté l’appel de l’ancien Premier ministre Michel Rocard à une alliance UDF-PS, refusant toute « tractation » dans « le dos des électeurs ». Lundi soir, elle a précisé que le dialogue qu’elle propose serait « public », « en toute transparence ». « Pas question de petits arrangements entre amis, de négociations d’arrière-boutique », a certifié Jean-Louis Bianco.

Dans les prochains jours, Ségolène Royal va s’afficher avec des personnalités sociales-démocrates susceptibles de séduire les électeurs UDF, dont l’apport lui sera indispensable le 6 mai pour l’emporter.

Mardi, elle devait tenir une réunion à son « QG » avec Jacques Delors, que François Bayrou avait présenté comme son Premier ministre idéal en plus « jeune ». L’ancien président de la Commission européenne devait également participer à un meeting. Mardi, à Montpellier, elle devait retrouver le député européen Daniel Cohn-Bendit, partisan d’une alliance Verts-PS-UDF. Elle va aussi inviter le président du Conseil italien Romano Prodi, lui aussi ancien président de la Commission et qui vient d’oeuvrer à la fondation d’un parti de centre-gauche allant des ex-communistes à l’aile gauche de la démocratie chrétienne.

Qualifiée pour le second tour face à Nicolas Sarkozy avec 25,87% des voix, Ségolène Royal a déjà reçu dimanche soir le soutien de ses six compétiteurs de gauche, de Marie-George Buffet à Arlette Laguiller. « Pour faire gagner la France, il faut donner une autre dimension à notre rassemblement », a-t-elle expliqué lundi.

AP

 

source :http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20070423.FAP7833/segolene_royal_tend_la_main_a_francois_bayrou.html

 

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